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L'émergence des langues de spécialité

Les centres de recherche CLILLAC-ARP (EA 3967 Centre de Linguistique Inter-langues, de Lexicologie, de Linguistique Anglaise et de Corpus-Atelier de Recherche sur la Parole) et HTL (UMR 7597 Histoire des Théories Linguistiques) vous proposent un séminaire commun sur le thème L’émergence des langues de spécialité. Notions et termes. Le séminaire aura lieu au second semestre, en alternance avec le séminaire du laboratoire, le lundi de 14h30 à 16h30 à raison de cinq séances par semestre, au bâtiment Olympe de Gouges, 2e étage, salle 720.

[Voir le programme en bas de la page]

Si l’émergence de la terminologie comme discipline autonome ne remonte pas au-delà du 20ème siècle (Wüster 1931 fait généralement office de référence), celle de termes et des langues de spécialité paraît constitutive de l’activité scientifique et technique.

Ce constat appelle cependant quelques précisions. Sans doute l’organisation de certains savoirs apparaît-elle fortement liée à leur terminologisation (telles les nomenclatures de Linné ou Candolle), mais il ne s’agit pas là d’une règle générale. D’abord parce qu’une stabilisation lexicale, dans un domaine donné, ne génère pas automatiquement un champ terminologique – lequel suppose la constitution d’un outillage normatif ad hoc (dictionnaires, etc.). Ensuite parce qu’il est plus fréquent que sciences et techniques devancent chronologiquement leur propre terminologisation. Enfin parce qu’une langue de spécialité, qu’on peut quant à elle supposer peu ou prou synchrone à une stabilisation lexicale, n’est pas seulement constituée d’items, mais aussi de modes d’argumentation et d’habitus discursifs, et qu’elle apparaît donc tout à la fois plus large et moins figée qu’une terminologie, recourant aux analogies, empruntées ou non à d’autres disciplines, ou encore aux ellipses inhérentes aux jargons de métier. Si une terminologie vise à la transparence, voire à expliciter ses bases théoriques, cette contrainte s’impose donc bien moins aux langues de spécialité.

Les facteurs intervenant dans l’établissement d’un seuil terminologique ou lexical (en désignant par là le point de stabilisation et d’autonomisation d’un vocabulaire technique ou scientifique) sont donc indissolublement épistémologiques, linguistiques et sociologiques. On ne saurait par ailleurs négliger l’existence de phénomènes en quelque sorte symétriques, consécutifs à l’introduction dans la langue commune de termes ou de fragments de langues de spécialité. Extraits de leur domaine d’application, ces termes ou fragments langagiers sont alors sujets à un processus inverse de déterminologisation.

Les équipes CLILLAC-ARP et HTL, dont certains champs de recherche sont voisins, proposent un séminaire doctoral commun consacré à l’émergence des langues de spécialité (LSP), dans une perspective tout à la fois technique et historique, qui se propose de préciser sans exclusive :


– le rapport (les différences et les similitudes) entre terminologie et langue de spécialité, entre terminologie, métalangage et lexique stabilisé ;


– le rapport (les différences et les similitudes) entre terme et théorie: dans quelle mesure les termes correspondent-ils à un idéal de transparence qui en ferait des propositions abrégées ? Quelles « idéologies scientifiques » (au sens de Canguilhem) véhiculent-ils éventuellement ?


– le rapport entre le terme, ou la langue de spécialité, et le contexte discursif et phraséologique dans lequel ils se constituent. Le terme ou le phrasème peuvent en effet emporter avec eux ce contexte ou au contraire s’en détacher. Cette question apparaît corrélée au phénomène de seuil terminologique.

Du point de vue historique, il s’agit donc de dégager simultanément les mécanismes (épistémologiques, linguistiques et sociaux) qui interviennent dans la terminologisation des notions, et, réciproquement, dans leur déterminologisation et leur passage dans la langue commune. Du point de vue méthodologique, il semble qu’une telle étude ne soit envisageable qu’à condition de dégager des phénomènes non seulement lexicaux mais aussi phraséologiques. Le recours à une approche textuelle et par corpus apparaît donc indispensable.

2016 — 2017

  • 6 mars 2017 Anne Grondeux. Questions de terminologie au Moyen Âge.
  • 24 avril 2017 Didier Samain. Psychologues et linguistes : en-deçà du seuil terminologique.
  • 15 mai 2017 Mojca Pecman. Théories terminologiques et innovation dans les discours spécialisés émergents : compatibilité et évolution des modèles d’analyse.
  • 19 juin 2017 Emilie Aussant, Bernard Colombat, Chris Gledhill, Natalie Kübler et Aimée Lahaussois. Table ronde sur le thème Corpus, bases de données et gestion de la variation.
2016/10/05 22:13
seminaires/langues-spe/index.txt · Dernière modification: 2016/11/10 10:24 par Mojca Pecman

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